jeudi 23 juillet 2015

Jour 300 à 302 : De l'autre côté de Bornéo - Kuching à Pontianak / Sukadana / Ketapang (17 au 19/07)


Cette article marque la fin de notre passage en Malaisie, et le début d'un périple en Indonésie que l'on prévoit long !


Le long chemin de Kuching à Pontianak

Nouveau réveil de bonne heure en ce vendredi 17 juillet au matin. Nous laissons derrière nous notre hôtel et son personnel bien endormi au milieu du salon (ils dorment là par terre toutes les nuits) et allons à pied jusque Jalan Masjid, où se trouve la station des bus locaux. Il est 6h25 lorsque nous arrivons, nous venons de louper le premier bus qui emmène jusque la grande gare routière, Kuching Sentral. Nous attendons donc le deuxième bus n°K8 qui part normalement à 7h, mais qui finalement lèvera les voiles 15 minutes en avance ! Nous, ça nous arrange, on sera plus tôt à Kuching Sentral (25 minutes de trajet), là où nous attend notre deuxième bus qui va nous mener à Pontianak, côté indonésien de l’île de Bornéo.



7h45, nous voilà parti. On avait réservé notre billet en avance avec la compagnie Bus Asia car il était nécessaire pour le visa indonésien de 60 jours. Mais sans cet impératif, on aurait aussi bien pu se pointer à la gare et acheter directement le billet car il y a bien 6 ou 7 bus qui partent chaque matin pour l’Indonésie, et ils sont loin d’être plein.

Le bus fait quelques stops, dont un dans la ville de Serian, avant d’atteindre la frontière, à 10h15.
Tout le monde descend ! Le passage des douanes malaises est rapide, on récupère nos bagages un peu plus loin pour les faire passer sur le tapis de contrôle côté indonésien. Et puis, quelques minutes pour faire tamponner le passeport, nous voici en Indonésie ! Le contrôle est tellement faible qu’on est presque remonté dans le bus sans avoir obtenu le tampon d’entrée en Indonésie, jusqu’à ce que Nico dise « Hé, il nous faut le tampon ! ». Donc vigilance, car sans tampon d’entrée, c’est compliqué pour ressortir ensuite.

Bref, on change les quelques Ringgit qu’il nous reste contre des Roupies indonésiennes (taux de 1 Ringgit pour 3 000 Roupies, au lieu des  3 400 officielles, ça reste ok pour une petite somme), et refusons les multiples propositions d’acheter une carte SIM indonésienne.

Nous voici donc en Indonésie, plus grand pays musulman au monde du fait de la taille de sa population, et dont le territoire est composé uniquement d’îles, des milliers d’îles, la plupart non habitées. Pour l’instant, c’est la région du Kalimantan qui s’ouvre à nous.


A ce stade, on se dit « Bon, il nous a fallu 2h30 pour faire à peu prés 150km, il reste un bon 250km à faire, on devrait en avoir pour environ 4h ». Et on est pas loin de la vérité, compte tenu de la dégradation des routes indonésiennes après la première heure de route, voir la disparition de vraie route de temps à autre. Mais le trajet est sympa, on traverse des villages, les gens ne semblent pas bien riches. On est assez surpris sur ces premiers kilomètres de voir de nombreuses églises, bien plus nombreuses que les mosquées. On se rappelle alors que de nombreuses ethnies ont été forcées d’abandonner leur religion pour en choisir une reconnue par l’Etat, à savoir soit l’islam, soit le christianisme. On a lu que beaucoup avait choisi le christianisme pour … continuer à manger du porc … Vérité ou intox ??
Bref, en tout cas, on est loin ici de l’image des femmes ultra voilées que l’on avait en tête, et on retrouve de tous les styles.
La pause déjeuner ne nous permet pas de déguster notre premier repas indonésien, puisque s’offrent à nous chips pas fameuses et pâtes instantanées …

Au fait, on a changé d’heure au passage, on en a perdu une ! Plus que 5h de différence avec la France.

Arrivée à Pontianak à 14h30 heure locale donc, bien évidemment pas là où le Lonely Planet indiquait l’arrivée. Il faut dire que notre guide à 2 ans, et qu’en 2 ans, et bien les choses changent vite dans des pays comme celui-ci, surtout dans des régions un peu reculées. Les chauffeurs de taxi sont au rendez-vous, et on teste nos premiers mots en Bahasa Indonesia, c’est-à-dire en Indonésien. On s’est acheté un petit dictionnaire / bases de conversation à Kuching, nous attendant à trouver peu d’interlocuteurs parlant anglais. Pour l’instant on sait compter, et ça suffit pour négocier le tarif de la course. Notre application Maps Me sur le téléphone est encore une fois d’un grand secours, puisqu’elle nous permet de savoir où l’on se trouve grâce au GPS, et à combien de kilomètres on est de la ville, ça donne une bonne base pour le prix du taxi. Le chauffeur nous propose 200 000Rp (14€) pour 7km, beaucoup trop ! On arrive à descendre en 15 minutes à 90 000Rp (7€), et on pense aurait encore pu faire mieux.

Pontianak, un jour de fête de fin du Ramadhan

Pontianak, voici donc le nous de notre première étape indonésienne. Le taxi nous dépose à l’hôtel Hosanna Inn (200 000 la double avec sdb commune + pdj – bien plus cher que les prix du Lonely Planet, là aussi ça a pas mal évolué), propreté correcte, accueil sympathique et surtout la clim car il fait chaud !

Nos premiers pas dans la rue, pour aller au distributeur (il y en a partout dans la ville, pas de commission de retrait côté banque locale), sont assez révélateurs de l’impact de la présence de touristes : tout le monde nous regarde ! Comme en Birmanie, nous sommes l’attraction. Les sourires et « Hello Mister » accompagnent souvent ces regards.
Deuxième constat, alors que nous sommes devant le grand carrefour à côté de l’hôtel : peu de voitures mais des nuées de scooters. Il y en a dans tous les sens, et de ce côté là, on se croirait revenus au Vietnam.

Mais ce qui marque en ce jour Pontianak, et presque toute l’Indonésie, c’est la fête de fin du Ramadhan. Pétards et surtout bruits de canons résonne dans la ville. La veille au soir, à Kuching, nous avions observé des feux d’artifice un peu partout le long de la rivière. Mais là, les bruits sont bien plus assourdissants. On décide d’aller faire un tour du côté de la rivière locale, la Sungai Kapuas, pour voir ce qui se passe.
En quelques centaines de mètres à pied, changement de décor radical. Les grandes artères bruyantes laissent place à des petites rues plutôt sympa. Et tout au bout, le long de la rive, des maisons sur pilotis. 

Choc ! L’eau est marron dégueu, recouverte de déchets de plastique (et sûrement de ceux qu’on ne voit pas, à savoir les pipis et cacas), et au milieu de tout ça, les gens qui se lavent et se baignent … Ahurissant. On rencontre un Singapourien qui fait des affaires ici : « jamais on ne verrait ça à Singapour ! » nous dit-il, on veut bien le croire. Durant les quelques minutes où l’on parle avec lui, un attroupement d’enfants se forme autour de nous. Leurs boissons finies, ils jettent leurs gobelets en plastique dans l’eau, normal. Toute une éducation à changer. Mais voilà, nous sommes bien plongés dans la vie du coin, au cœur même d’une grande ville.



Enfin, nous identifions d’où proviennent les bruits de canons que l’on entendait au loin : et bien, pas d’originalité, ce sont des canons confection maison qui ont été posés à plusieurs endroits, le long des deux rives.  Sûrement remplis de poudre, enflammée au contact de bâtons en feu, la vibration lorsque l’on est à côté fait faire un bond. Des gars proposent à Nico d’en allumer un, énorme, la détonation et le souffle qui suivent sont impressionnants.



On continue notre balade jusqu’à l’embarcadère des ferrys qui partent un peu plus vers le sud. Il y en a en fait deux (du moins que l’on croise) : un premier d’où partent les Speedboat Poly Express, de taille assez conséquente, en direction de Ketapang. Un peu plus loin, celui d’où partent les plus petits bateaux, en direction de Sukadana. Ce sont ceux-là qui nous intéressent. On croise un homme qui nous indique que les bateaux partent le matin à 8h. Sur le petit guichet, des numéros de téléphone sont indiqués pour réserver. Nous ne l’avons pas fait, mais c’est plus que conseillé car nous avons failli ne pas avoir de place dans le bateau le lendemain.

Pontianak aura été notre ville d’un après-midi et une soirée, et déjà, l’ambiance indonésienne nous met à l’aise.

Une sacrée belle rencontre à Sukadana

Samedi 7h15 : nous montons dans un taxi devant l’hôtel pour rejoindre l’embarcadère « Port Kapuas Sukadana », à quelques 2km (faisable à pied mais on se paye ce petit luxe à 40 000Rp – négocié).
Déjà, l’homme que nous avions croisé hier soir nous dit qu’il n’y a plus de place pour les long-boat lent (dans les 100 000Rp / personne). En même temps, ils mettent 10h pour atteindre Sukadana, donc ça ne nous dérange pas. Un petit speed boat part aussi à 8h30, et il ne reste que deux places (240 000Rp / personne). On ne sait pas trop s’ils nous les ont réservé ou pas vu qu’on était passé la veille au soir, mais on a eu chaud. Attention en payant, car le mec nous a ultra pressé, du coup on s’est planté dans le nombre de billets qu’on lui a donné (50 000Rp de trop), et bien sûr il a eu vite fait de fourrer tout ça dans sa caisse sans nous le faire remarquer. Et puis aussi, il faut insister (on a eu le même cas plus tard) pour récupérer sa monnaie quand on ne donne pas le compte juste, sinon ils croient qu’on leur donne plus volontairement … drôle de réaction !

C’est parti pour un voyage tout serré de 5h, sur la Sungai Kapuas puis la Mer de Chine, longeant de nombreuses mangroves, ponctuées de villages flottants. Beau trajet, même si on a mal aux fesses sur la fin.




Pour ce qui est de cette partie de la Mer de Chine, on s’attendait à des eaux bleues, et bien il faudra compter sur un beau marron caca !

A l’arrivée à Sukadana, c’est la délivrance, encore faut-il maintenant trouver où dormir dans ce coin un peu paumé. Car on est les seuls blancs sur les lieux, là encore ça en fait marrer beaucoup : que viennent-ils foutre ici, ces deux-là ?
On croise un premier Perginapan (hôtel) un peu après l’embarcadère, mais on décide de continuer un peu. Le Lonely indique le merveilleux Perginapan Family (Perginapan signifie hôtel), on se met à sa recherche. Un bon 15 minutes de marche, des indications contradictoires de la part de différents habitants, on arrête les frais. Lucie reste avec tous les sacs à un endroit, pendant que Nico part à la recherche du dit hôtel. C’est à ce moment que se produit l’événement qui va marquer notre séjour ici. Une femme fait signe à Lucie de venir s’asseoir à sa terrasse, boire un coup et manger des biscuits. Elle doit avoir la trentaine, s’appelle Ida, et a deux petites filles magnifiques.


Son mari est là aussi. Ils parlent un peu anglais, et nous un peu indonésien, grâce à notre super dico, donc on se comprend tant bien que mal. Ils deviennent en quelques sortes notre point d’attache pour le peu de temps que l’on va passer ici. Une fois Nico revenu, le mari l’emmène faire le tour des hôtels pour choisir le mieux. On joue avec les petites, discute de notre prochaine destination. Tanjung Puting ! Justement le mari vient de là-bas. Une fois l’hôtel trouvé par ces messieurs, il vient rechercher Lucie chez lui, nous enjoignant à repasser les voir plus tard.

On s’installe donc au Penginapan Family (175 000Rp la double avec clim).  Tout était fermé, le proprio est venu ouvrir pour nous (rappelons-le, c’est encore jour de fête, et ça dure une semaine). La chambre est normale (la mieux de toutes celles visitées), et pour ce qui est de la douche, ce sera un baquet d’eau avec une casserole !!

Le must de la ville, dixit le Lonely Planet, c’est la plage « coup de cœur » Pantai Pulau Datok. Il faut bien 1h à pied pour y aller. Sur la route, un défilé de scooters, toujours accompagnés de « Hello mister ». On se dit même qu’on pourrait devenir une source d’accidents, tellement ils se retournent pour nous regarder …



On arrive enfin devant cette étendue de sable, et là … c’est le drame. Une déchetterie ! Ici clairement, encore une fois, le plastique c’est pas fantastique. Y’en a partout. C’est la première fois que l’on voit ça. Mais ici, ça ne semble déranger personne. Cette pollution extrême est sûrement amplifiée par le mouvement de masse dû aux fêtes du Ramadhan, espérons que quelqu’un ramasse tout ça après.



Deux blancs sur la plage, ça se remarque vite. C’est parti pour quelques séances photos et selfies, 
avant de nous arrêter manger un bout dans une des gargottes le long de la route. 

Petit selfie au passage, nous sommes les stars de la plage !
Sur le chemin du retour, on achète des ballons pour les petites filles d’Ida. Et c’est encore avec une grande chaleur que nous sommes invités par la famille. La sœur d’Ida, son mari et ses enfants sont aussi là.

Grâce à eux, on réussit à organiser la suite du trajet, pour rejoindre le parc national Tanjung Puting. Ils passent plein de coup de téléphone, se renseignent pour les bus … pas de bus le lendemain … un taxi alors … dur dur d’en trouver un, mais ils y arrivent … vous aurez besoin d’une guide pour visiter le parc ? Mon cousin est guide justement ! Et re un coup de téléphone pour nous mettre en contact avec l’agence de tourisme de l’oncle du mari apparemment … Il vous faut une carte SIM locale ! Et c’est parti pour un tour de moto dans la ville pour en trouver une …
En gros, des gens en or ! On se rend bien vite compte que les transports publics ici sont ultra limités, qu’on tombe en plus au mauvais moment de l’année car beaucoup de choses sont mises en stand-by pour les fêtes. Sans eux, on aurait sûrement réussi à se débrouiller, mais tout aurait été bien plus compliqué !
Un grand merci donc encore à cette famille en or !

Ida et sa "petite" famille
Dimanche 19, réveil de nouveau bien plus tôt qu’on ne l’aurait voulu. A 7h, notre portable sonne. C’est Ida : « Venez à 8h à la maison, un taxi va vous emmener à Ketapang, la prochaine ville, où des avions partent pour Pangkalan Bun, ville proche du parc national ». Et notre dodo alors ! On saute du lit. Le mari vient frapper peu de temps après à notre porte : on découvre alors qu’il est policier, dans sa tenue officielle, il est venu nous saluer avant de partir faire sa patrouille du côté de la plage. Chez Ida, nous retrouvons les petites filles. « Tanta Lucie, tanta Lucie », la plus grande des deux, Nazira, 6 ans, est bien attachante. Elle demande à sa mère quand est-ce qu’on reviendra … un jour peut-être.  Des parts de cake en guise de petit-déjeuner.
Ida explique que cette chaleur humaine, cette hospitalité, on appelle ça le Rama Indonesia.

Et bien on aura pris une sacrée dose de Rama !
A 9h le taxi arrive, en avant pour la suite des aventures, et ce n’est que le début.


Petite étape à Ketapang


Vous l'aurez donc compris, la ville de Ketapang n'était pas au programme à la base, mais la solution la plus rapide pour rejoindre le parc national Tanjung Punting en étant à Sukadana était de venir ici pour prendre l'avion.

Le taxi qui nous emmène a plutôt une belle voiture, du moins spacieuse. Bon le problème c'est que les routes ici ne sont clairement pas conçues pour accueillir deux véhicules de front. Si on ajoute à cela les milliers de scooter qui circulent (oui oui, milliers, on en revient pas, on se dit que c'est à cause des vacances), ça donne un cocktail explosif, et quelques frayeurs durant l'heure et demi de trajet. Enfin les frayeurs juste pour nous, le conducteur est largement habitué. C'était chaud patate !

A Ketapang, nous sommes déposés devant un hôtel à ... 150m de l'aéroport ! Et oui, au max 5 avions doivent passer par ici chaque jour, donc c'est pas Roissy. Il y a au total trois hôtels, le long de la rue principale, on choisit celui du milieu (100 000Rp). Le garçon de la famille parle anglais, et il propose même de nous préparer à manger, pour vraiment pas cher. On peut même emprunter le scooter gratuitement, mais on décline l'offre vu notre expérience de la matinée. A l'étage de la maison, une terrasse avec télé et canapé. 

On passe une tête à l'aéroport pour acheter nos billets pour Pangkalan Bun le lendemain : compagnie Trigana, départ 7h15 mais personne au guichet - compagnie Karlstar, départ 7h50, 565 000Rp par personne avec 10kg de bagage (supplément de 10 700Rp par kilo sup à payer à l'enregistrement). On choisit donc la deuxième, de toute façon les deux sont sur liste noire !

Toute la journée, les alentours sont morts, les quelques boutiques sont fermés. Tout se réveille vers 17h. On en profite pour se balader, y'a des maisons avec petit jardin très sympa, on trouve une maison qui fait restaurant dans sa cour. Voilà, la journée s'écoule tranquillement. On a hâte d'être au lendemain pour le début des choses sérieuses : la croisière dans la jungle !

2 commentaires:

  1. Vous avez été très chanceux sur ce coup là....
    A lire ces quelques lignes...nous qui sommes dans notre petit cocon, ça laisse à penser !!
    Merci à cette famille bien généreuse...

    RépondreSupprimer
  2. Le changement entre Malaisie et Indonésie est franchement visible, A bientôt pour en savoir plus
    Bisous

    RépondreSupprimer

Laissez-nous un petit coucou, un avis ou une question !

Nous pré-validons désormais tous les commentaires publiés avant qu'ils n'apparaissent sur le blog. A très vite ;-)